Pranayama

 

Le pranayama constitue la quatrième étape des Yoga Sutras de Patanjali.

(voir l’article sur les sutras)

 

Le pranayama est la science, l’art de la respiration qui permet d’obtenir, à l’aide de techniques, la dissolution des fluctuations du mental et la maîtrise des mécanismes physiques, physiologiques, psychiques de l’individu. Il conduit à une meilleure connaissance et maîtrise de Soi en toutes circonstances.

 

Une respiration équilibrée et rythmée optimise nos capacités et notre énergie vitale.

 

Lorsque le corps est agité, le souffle est agité. Lorsque le souffle est immobile, l’esprit est immobile, le yogin atteint la fixité.” Hathayogapradipika

 

La respiration doit se faire par le nez en toutes circonstances sauf dans certaines techniques spécifiques comme shitali et shitkari.

Notre vie est rythmée par notre respiration ; c’est la première fonction physiologique du corps, la plus importante et toutes les autres fonctions en dépendent. Nous venons au monde avec la première inspiration et nous quittons ce monde avec la dernière expiration. La philosophie indienne prétend que nous naissons avec un capital fixe et propre à chacun d’inspires/expires qui conditionne notre temps de vie. Si nous épuisons trop rapidement ce capital par une respiration rapide et désordonnée, nous écourtons donc notre temps de vie.

C’est dire comme celle-ci est importante !

Nous remarquerons que le souffle est en interaction directe avec nos émotions et notre corps. Si le mental est agité, le souffle va prendre le même rythme. Si nous arrivons à contrôler notre respiration par une action consciente et volontaire, alors le mental et le corps suivent le même chemin et se calment. Une respiration correcte et ordonnée va augmenter notre énergie vitale tandis qu’à l’inverse, celle-ci sera gaspillée.

Asana et pranayama se pratiquent conjointement dans le Hatha Yoga. Par la pratique des postures et sous la guidance du professeur, l’adepte va progressivement prendre conscience du souffle, le contrôler et apprendre à le diriger. La discipline du pranayama comprend la prise de conscience et le contrôle de prana.

 

 

Qu’est ce que prana ?

Il s’agit de l’énergie universelle qui nous entoure, qui est partout et en tout. Les grecs l’appellent le “pneuma”, les chinois le “chi”, les chrétiens “le saint esprit”, les égyptiens le “ka”.

Il est dans l’air que l’on respire mais il n’entre pas dans la composition chimique de l’air, il est dans l’eau mais ce n’est pas l’eau, dans les aliments, les animaux, les végétaux, les minéraux…

Sans Prana, il n’y a pas de vie, il est invisible, insaisissable et c’est de lui que nous tirons notre substance. Il est le catalyseur de nos systèmes et de leurs fonctions. Le vecteur de Prana est l’air et lorsqu’il pénètre dans notre corps par le biais de la respiration, il se subdivise en 5 sous prana (panca prana). Il n’y a qu’un souffle (vayu) dans l’univers, il y a 5 fonctions dans le souffle : ces 5 vayu sont situés sur le corps énergétique Pranamaya Koshā et circulent à travers les nadis (canaux, vaisseaux énergétiques ou méridiens).

 

 

Comment acquérir le contrôle des mouvements de la respiration ?

 

La respiration comprend l’inspire et l’expire, dualité. L’inspiration est active et l’expiration passive. Le souffle spontané, c’est la respiration sans conscience. Dans la pratique yogique, on va jouer avec cela. Il y a toujours une relation entre le souffle et le mental, même si c’est le mental qui dirige. Le yoga va utiliser des techniques qui agissent sur le souffle permettant ainsi de calmer les agitations du mental. 

Le contrôle du souffle s’acquiert par le ralentissement du rythme respiratoire en prolongeant l’inspire et l’expire et en instaurant des temps de pauses respiratoires dans les 2 sens.

Prana est la fonction de réception, l’inspire

Apana est la fonction d’élimination, l’expire

Kumbhaka puruka rétention poumons pleins

Kumbhaka recaka rétention poumons vides

 

L’air pénètre par les narines où il est réchauffé, humidifié et purifié par des filtres et tamis. Il est important pour notre bonne santé d’apprendre à respirer par le nez et non par la bouche qui n’a pas de filtre. Ensuite, celui-ci passe par le pharynx, le larynx, la trachée-artère, les bronches, bronchioles puis les alvéoles pulmonaires. L’ensemble bronchioles et alvéoles forme le parenchyme pulmonaire ou poumon. Les 2 poumons sont séparés de la cage thoracique par la plèvre, les poumons sont donc soumis aux mouvements de la cage thoracique et du diaphragme grâce à cette dernière. La respiration met en mouvement un ensemble de muscles que l’on appelle muscles respiratoires.

 

La respiration rafraîchit et revivifie le corps” – Mahesh

 

À l’inspire, le diaphragme s’abaisse et s’ouvre comme un parapluie.

À l’expire, le diaphragme remonte et se referme comme un parapluie.

À l’inspire, l’air frais chargé d’oxygène vient nourrir le corps et à l’expire, l’air

chargé de gaz carbonique et de déchets quitte le corps.

Nous sommes ici dans le cadre de la respiration spontanée et automatique.

Celle-ci ne permet pas dans la plupart des cas d’expirer totalement l’air impur

qui reste dans le corps (air résiduel) et peut être source de maladie.

On peut aussi faire intervenir la volonté dans ce processus et agir sur l’amplitude de la contraction du diaphragme et de son rythme.

 

Il existe 3 formes de respiration :

La respiration haute, dite claviculaire, qui soulève les côtés et projette le sternum en avant.

La respiration moyenne, au niveau de la partie basse de la cage thoracique, l’expansion pulmonaire se fait sur les côtés.

La respiration basse, dite abdominale, au niveau de l’abdomen, l’expansion pulmonaire se fait sur la partie basse de l’abdomen.

Le pranayama utilise l’ensemble de ces respirations pour en faire une complète (la respiration yogique complète) et faire fonctionner tout l’appareil respiratoire pour un maximum de bienfaits.

 

Ainsi, nous obtenons la maîtrise du corps, des sens et du mental.

 

 

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